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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/111

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l’humanité (suite)

Nous voyons à présent combien cette vue était erronée.

Un fait bien plus marquant et dont les conséquences ont été autrement considérables, s’est produit à la fin du xve siècle, c’est la découverte du Nouveau-Monde, suivant d’assez près, du reste, la découverte de l’imprimerie. Christophe Colomb et Gutenberg ont véritablement ouvert l’âge nouveau. La terre est désormais offerte tout entière à la conquête humaine et la pensée possède le premier, l’indispensable instrument de son expansion. Jusque-là, le monde occidental a, malgré tout, ressemblé quelque peu au monde chinois : il a compris une élite de lettrés et une majorité d’ignorants. Les bibliothèques d’Alexandrie et de Byzance, les monastères des Gaules, de Grande-Bretagne ou de Germanie ont conservé et transmis, à travers les âges troublés et confus, le dépôt des manuscrits ; mais rares étaient ceux qui, admis à en prendre connaissance et à en copier des fragments, pouvaient ainsi s’instruire en lisant. L’enseignement n’était donné qu’oralement par la parole du maître et, nécessairement, à un petit nombre d’écoliers. Non seulement la masse était privée d’instruction, mais, sous le régime féodal, la plupart des