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Page:Coubertin - Notes sur l education publique, 1901.djvu/104

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notes sur l’éducation publique

souvent des hommes vulgaires, indignes de la pourpre que le hasard d’une adoption ou une popularité de mauvais aloi ont jetée sur leurs épaules. La cité romaine a été dégradée par les peuples qui en ont forcé l’entrée, mais l’empire est heureux ; le monde jouit de la sécurité, de l’ordre, de la perfection de l’organisation matérielle. Les lieutenants et les intendants impériaux sont souvent des hommes distingués ; la vie municipale subsiste d’ailleurs, presque intacte ; la pensée et la foi sont libres ; les chrétiens seraient libres comme les autres et le Christ prendrait rang dans le Panthéon si ses disciples voulaient dans leur culte faire une place, non point aux idoles, mais à l’empereur, idole vivante.

Aux frontières est l’armée, une armée de 400 000 hommes environ, pour en garder 80 millions : c’est peu, mais c’est assez, car dans l’empire, personne ne songe à se révolter. Les Grecs ne se sentent point opprimés ; ils ne gouvernent pas, mais ils règnent véritablement par le langage, par les modes, par tous les raffinements de l’esprit auxquels les Romains, longtemps insensibles, ont fini par se prendre, en même temps que leur contact avec l’Asie leur donnait le goût du luxe et des raffinements