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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume III.djvu/78

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le respect de l’individualité

cipe posé, il y aurait danger à pousser plus loin et à permettre à l’opinion d’apprécier le degré d’utilité d’un chacun. L’opinion n’est pas assez avertie ou même assez éclairée pour se justifier d’un semblable classement. Telle entreprise jugée par elle oiseuse se tourne souvent en un bienfait pour l’humanité.

De vieilles habitudes mentales troublent cette question de la carrière. Ainsi nous sommes portés à exalter celui qui ressent une « vocation » et nous lui comparons désavantageusement celui qui cherche tout simplement à faire son chemin en mettant d’accord ses facultés hésitantes avec ses intérêts probables. Or le second a souvent beaucoup plus de mérite que le premier auquel recherches et tâtonnements sont épargnés. De par son étymologie du reste, le terme vocation ne devrait être employé que lorsqu’il s’agit du sacerdoce. Parler de vocation agricole ou archéologique n’est pas une expression très bien choisie. Il n’en reste pas moins que l’adolescent incliné par un goût prononcé vers une carrière précise est privilégié. Aussi doit-on se garder non pas de l’éclairer, s’il y a lieu, sur les inconvénients inaperçus de cette carrière, mais de lui