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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume III.djvu/69

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le respect des conventions

rience et renforcés par l’adhésion de plusieurs générations. Ce que nous disons là n’est vrai ni de toutes les lois ni de toutes les coutumes, car il y a des lois illustres qu’un long effort a enfantées et qui représentent une conquête durable de la justice et de la raison et, par contre, certaines coutumes s’appliquent à des objets insignifiants ou même puérils. Mais ce sont des exceptions. Plus fréquent apparaît le cas inverse.

On est assez porté à croire que le respect des coutumes favorise dangereusement dans une nation l’esprit de tradition au détriment de l’esprit de nouveauté et affaiblit par là son pouvoir créateur ou progressiste. Il suffit de considérer l’Angleterre moderne pour se rendre compte combien ce point de vue est chimérique. En réalité, la force qui vient de la nation par ses lois ne saurait suppléer la force qui lui vient par ses coutumes. Ces deux sources de forces sont nécessaires. L’histoire indique toutefois que les coutumes sont encore plus indispensables à la vitalité et à la résistance des sociétés que les lois.

Ce que l’on pourrait appeler le fétichisme de