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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume III.djvu/42

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le respect des croyances

l’éclaircissement qu’il peut fournir cesse au point où se fait sentir la limite des capacités cérébrales. N’y a-t-il pas des certitudes incompréhensibles ? La notion de l’espace sans limites dans lequel se meuvent les astres, n’est-elle pas à la fois évidente à nos sens et inacceptable à notre raison ?… Ainsi subsiste une sorte de mystère général planant sur les choses. Autour de ce « culte du feu » voltigent peut-être pour le libre-penseur, et comme à son insu, de très vagues espoirs…

Dans ces conditions les émancipations individuelles ne risquent pas d’être bien nombreuses et l’émancipé qui se proclame tel est voué à un isolement redoutable. Cet isolement s’accentue nécessairement à mesure que « l’ombre s’étend sur la montagne ». Il lui arrive de donner lieu alors à l’exaltation d’un sentiment très particulier envers le prochain, la vie et soi-même. Le croyant qui approche du terme de son existence terrestre ne se dévoue que pour acquérir des mérites, mais ses semblables ne l’intéressent plus en tant que collectivité. Que chacun songe à son salut. Lui ne veut plus penser qu’à Dieu dont il sent la venue prochaine. Il y a là une