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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume III.djvu/34

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le respect des croyances

de la ferveur des fidèles, une réaction fatale intervient : non plus vengeresse et violente comme au temps d’autrefois, mais ironique et impertinente. L’indifférence alors prévaut. La foule ne se détourne pas complètement des autels mais elle ne s’en approche plus que distraitement. Son intérêt, sa passion sont autre part. La vie future a soudain reculé dans un lointain brumeux et l’homme, s’émerveillant devant lui-même, se demande s’il n’est pas naturel et normal de jouir premièrement des biens qui l’entourent plutôt que de les négliger en vue d’en mériter d’autres dont le caractère problématique le frappe et l’inquiète. Tels sont le sens et la genèse de toutes les réactions païennes qui interviennent en quelque sorte fatalement. Si l’on voulait bien se donner la peine d’y réfléchir et d’en comprendre le pourquoi et le comment, on cesserait de s’indigner contre de tels mouvements lorsqu’ils se produisent, de les dénoncer avec une virulence inutile et de les maudire comme portant atteinte à la morale générale, ce qui n’est pas toujours le cas. Ce sont le plus souvent des crises d’équilibre, nécessaires au raffermissement de la santé