Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/34

Cette page a été validée par deux contributeurs.
24
préambule

contempler les abîmes d’absurdité où l’on vous conduit. Le goût et l’habitude de l’utopie y dominent exclusivement. Comment s’en étonner ? La tendance à faire régner l’absolu et l’inexorable au sein d’une humanité où tout est relatif et passionné — tendance si grosse de conséquences redoutables — se trouve renforcée singulièrement du jour où le raisonnement et la méthode expérimentale sont laissés maîtres de diriger sans contrôle ni contre-poids l’éducation des facultés de l’homme. « La plus grande science, disait Leibnitz, veut un certain art de deviner sans lequel on n’avance guère ». Ce « certain art » n’est pas moins indispensable au disciple qu’au maître, à celui qui s’assimile qu’à celui qui invente. Appelez-le : jugement, sens critique appelez-le comme vous voudrez ; s’il se définit malaisément, il s’affirme néanmoins car son absence se fait cruellement sentir là l’on n’a pas réussi à l’introduire.

Mais tout ceci est en dehors des données pratiques du problème. Formé par les « classiques » ou formé par les « modernes » l’adolescent du