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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/32

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préambule

le plus étrange débat ait mis aux prises « classiques » et « modernes » : débat acharné quoique poncif et dont la postérité sourira. Les « modernes » d’abord vainqueurs saisirent l’occasion de jeter le latin hors de la nacelle du ballon pédagogique pour le mieux délester. En ce faisant, d’innocents maniaques ou de ténébreux utopistes pensaient instaurer une ère de lumière sublime tandis que les autres songeaient simplement à éliminer : rosa, la rose — et les ânonements sur lesquels s’exerçait depuis longtemps la verve d’une satire trop facile. Quand il fallut déchanter, on s’était si bien entraîné à accabler le latin d’acerbes critiques et à espérer de sa disparition une prompte et totale guérison que la désillusion fut énorme. Les « modernes » n’en revenaient pas. Lettres, Sciences : deux aspects de la culture humaine ! Le parallèle s’était établi de lui-même dans les discours solennels et, dans les fresques décoratives, les deux figures se faisaient pendant en une indiscutable équivalence. Alors quoi ? Le parallèle n’était donc pas exact ? L’équivalence n’existait donc pas ? Non certes, elle n’existe pas. Et d’abord, les sciences ce n’est pas la science. Il y a entre Lettres et Sciences la même différence qu’entre la mer et la montagne. La mer