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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/30

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préambule

l’adolescent d’alors consacrait le plus d’heures à l’étude parce que l’éducation physique n’y existait guère et les jeux sportifs pas du tout. La première chose à faire était de donner au travail cérébral le contrepoids nécessaire du travail musculaire. Ceci fait, le surmenage disparut par cette raison que l’organisme juvénile se trouva mis à même de résister à la pression exercée sur lui jusqu’alors. Mais bientôt l’autre danger apparut, de beaucoup le plus certain et le plus durable. On constata que le niveau intellectuel baissait. Il baissait partout car si d’autres pays que la France s’étaient trouvés prémunis contre le surmenage par suite d’une bonne pédagogie musculaire, aucun n’avait pu s’opposer à l’envahissement scientifique issu des découvertes récentes. Et partout cet envahissement rendant de plus en plus impossible la vieille synthèse d’antan, jetait le trouble dans les cerveaux des adolescents. L’intelligence-faculté n’est sans doute pas atteinte : cela ne se produirait pas si vite. Mais l’intelligence-résultat l’est gravement. Encore une fois, comme je disais tout à l’heure, la connaissance et la compréhension, loin de faire route ensemble, se sont nui ou du moins la seconde a payé pour la