Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/21

Cette page a été validée par deux contributeurs.
11
préambule

autres. Mais, en même temps, elles sont solidaires en ce sens qu’elles ne peuvent agir trop fortement ou trop directement contre les intérêts d’autrui sans se nuire à elles-mêmes. Ce n’est pas là certainement un des éléments qui ont le moins contribué au maintien de la paix générale pendant de longues années à la fin du XIXe et au début du XXe siècles. Et chacun pressent que, si la guerre éclatait de nos jours, le vainqueur lui-même en sortirait passablement affaibli. C’est que, économiquement, financièrement, politiquement même à bien des égards, un réseau d’échanges, d’ententes, d’intérêts entremêlés s’est tissé sur le monde civilisé, réseau inextricable, des mailles duquel il est quasi impossible de se dégager totalement.

Un tel état de choses exige que l’adolescent soit soustrait à toutes tendances vers la localisation et la myopie. Autrefois ses maîtres, non sans raison, tenaient ses regards rivés sur le petit coin de la planète où sa nationalité semblait le destiner à vivre. Il était entendu qu’il devait savoir en détail ce qui concernait la géographie, les productions, les industries, le commerce, l’administration de son propre pays alors que quelques don-