Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/149

Cette page a été validée par deux contributeurs.
139
commentaire et critique

Pourquoi le novice est-il retenu si souvent par la peur de faire des fautes ? C’est qu’on lui a appris, dès ses premiers débuts, des formes de langage littéraires et qu’il s’escrime à composer des phrases entières au milieu desquelles l’erreur fatale détonnera ridiculement, suscitant une hilarité plus ou moins dissimulée. Celui qui met simplement et de son mieux des mots les uns au bout des autres n’en soulève aucune. L’effort visible qu’il fait pour s’exprimer provoque l’effort de l’interlocuteur pour le comprendre et, entre eux, l’entente est parfois aussi rapide et beaucoup plus aisée que si, en sachant davantage, il s’appliquait avec une inévitable gaucherie à utiliser son savoir. Avant de construire et d’enchaîner des phrases, il faut pouvoir prononcer, articuler, accentuer et c’est à ce point de vue initial et capital que se rapporte notre observation relative à l’aide que les langues peuvent s’apporter les unes aux autres. La « première phase » de notre programme correspond à cette période préliminaire qui est celle de l’accoutumance de la bouche, des yeux, de l’oreille aux sons et aux aspects des mots étrangers, accoutumance qui s’accompagne d’une sorte de rapprochement psychologique d’avec les