Ouvrir le menu principal

Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/140

Cette page a été validée par deux contributeurs.
130
commentaire et critique

de choses véritablement abject fondé sur la délation et la poltronnerie générales. Peu de pays, il faut bien le reconnaître, ont dans leur histoire d’aussi vilaines pages mais tout cela s’efface devant l’admirable épopée que, dès le début de la Révolution, les soldats français écrivent avec leur sang sur toutes les frontières. Du sein de cette épopée jaillissent de merveilleuses figures de héros et la plus puissante, sinon la plus sympathique, est celle de l’officier de fortune qui finit en quelque sorte par écraser le peuple français sous le poids de ses lauriers et devient le chef d’un empire formidable. Toute cette période est, par excellence, une période militaire et comme les armées françaises, vingt années durant, balayent l’Europe, elles y déposent assurément certains germes de transformation : non pas les « idées de la révolution » dont ces braves guerriers n’ont cure et dont on serait fort en peine du reste de dresser un bilan sérieux, mais un mélange de sentiments simplistes qu’on peut traduire ainsi : mépris de tout ce qui est vétuste (y compris le droit divin) et culte enthousiaste de la force victorieuse. C’est alors que s’applique sans vergogne la fameuse formule : la force prime le droit. Soixante ans plus tard,