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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/132

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commentaire et critique

grande importance car elle dessine pour l’Europe occidentale le trait d’union entre la société antique et ce qui va devenir la société moderne. Actuellement Théodoric n’est pas autre chose à nos yeux qu’une manière d’Attila sédentarisé et le milieu si curieux sur lequel il a dominé et d’où par la suite a jailli la puissance de Charlemagne, on en ignore presque tout : les aspects, les ressorts, les échecs ! On méconnait aussi cet effort de l’arianisme qui fut un des grands tournants de l’histoire, une lutte dont les remous se sont fait sentir jusqu’à nous. C’est ici qu’à la manière de Bossuet, on pourrait regarder naître et mourir les empires. Ils sont cinq s’enchevêtrant : le franc, l’arabe, le grec, le normand, le germanique dont les courbes d’élévation et de décroissance ont un magnifique relief et forment des annales d’une richesse passionnante bien propre à captiver et à retenir — toujours avec l’aide de la géographie — l’imagination des adolescents. Au contraire, si l’on isole de la civilisation qui les entoura ou qu’ils ont suscitée : Charles le Gros, Haroun al Raschid, Nicephore Phocas, Othon le Grand, Guillaume le Conquérant, quelle pensée claire, quelle idée prenante