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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/129

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commentaire et critique

chose subsiste comme un legs du passé. Peut-être certains sont-ils injustes envers la rhétorique car elle eut sa raison d’être. À vrai dire cette raison d’être cessa en principe le jour que l’imprimerie fut inventée, mais, les conséquences de l’invention ayant été lentes à se développer, la rhétorique continua d’être pratiquement utile. Elle a tout à fait fini de l’être depuis que le livre à bon marché a mis à la disposition de tout le monde le bagage total de la pensée humaine et le besoin ne se fait plus sentir d’apprendre en détail les beautés de l’onomatopée, de l’euphémisme et autres « figures » dont chacun use tout naturellement sans avoir à les habiller de noms sonores. La comparaison ; l’allusion, tout cela serait d’ailleurs du ressort de l’enseignement primaire ou l’enfant doit être déjà exercé à rédiger, — à rédiger et non à narrer ou à composer. La « composition » est la plaie des démocraties. N’y exercez personne ; cela n’empêchera aucun génie de se révéler et comme l’a dit un poète français qui n’a eu que le tort de vouloir faire des vers avec du simple bon sens :

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement

Fausse route font en ce même pays de France,