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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume II.djvu/108

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commentaire et critique

L’astronomie est, apparemment, de toutes les sciences, celle dont l’objet est le plus vaste et qui, en même temps, touche de plus près à la philosophie. L’indéfini qu’elle nous enseigne en effet est aussi certain — on pourrait dire aussi visible — qu’il demeure incompréhensible. En vain chercherait-on ailleurs une autre certitude qui ne puisse être saisie par l’esprit humain. Nous concevons parfaitement que l’univers est sans limites et qu’il n’existe pas ni ne saurait exister un endroit où il cesse… Et pourtant cette donnée est radicalement contraire aux exigences de notre mentalité laquelle ne peut accepter que l’idée du fini et du limité. L’astronomie se présente donc armée d’une force pédagogique telle que nul ordre de connaissances scientifiques ne semble devoir rivaliser avec elle à cet égard. Elle fournit le seul point de contact entre l’humain et le surhumain et ce contact unique doit inspirer aux hommes à la fois le légitime orgueil d’avoir pu atteindre jusque-là et la salutaire humilité de ne pouvoir aller au-delà. Personne ne s’avise pourtant d’utiliser une notion dont la puissance égale la simplicité car, devant n’importe quel auditoire, cette notion sera développée et commentée à l’aide d’un manuel quel-