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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume I.djvu/98

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la théorie des impedimenta

application légèrement fantaisiste d’une théorie ancienne que nous appellerons la théorie des impedimenta. C’est à elle que sacrifiaient les Grecs lorsqu’ils amassaient un sable épais sous les pas de leurs coureurs ou plaçaient dans les mains de leurs sauteurs de lourds haltères voire même des lingots de plomb sur leurs épaules. C’est d’elle aussi que s’inspirait plus récemment Madame de Genlis lorsqu’elle faisait chausser aux jeunes princes ses élèves, pour leurs exercices gymnastique, des bottines à semelles de plomb.

L’idée que ces pratiques puissent avantager directement l’athlète et lui faciliter quelques-uns de ses mouvements est inadmissible. On ne comprend pas sur quoi se basait la doctrine, très répandue dans l’antiquité et endossée par Aristote et Théophraste, qu’on saute mieux en tenant des poids que les mains vides. Le contrôle de cette assertion a été souvent tenté. Ni scientifiquement ni empiriquement elle ne paraît avoir de valeur.

Il est un autre point de vue non dépourvu d’intérêt mais auquel on se place rarement ; c’est celui de l’aide indirecte. La difficulté artificielle, quand elle disparaît, n’accroit-elle pas — par le seul fait qu’elle a exigé un effort supérieur — la