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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume I.djvu/178

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appendice

« l’équitation armée ». Dans ce que nous appelons l’escrime à cheval au contraire, les cavaliers se placent côte à côte, cherchant des « phrases » tout comme dans l’escrime à pied. Ils débutent de pied ferme, puis s’exercent au pas, au petit trot, au trot allongé ; la difficulté, très minime au début, va de la sorte toujours en croissant.

Trois formes d’escrimes sont utilisables à cheval avec profit et sans inconvénient : le sabre, la canne et la boxe. Avec profit car il en résulte une amélioration immédiate de l’assiette, l’acquisition d’une salutaire confiance et la disparition des raideurs locales ; sans inconvénients car ni la révolte du cheval n’est à craindre ni le contact de l’arme. Le cheval moyen s’accoutume avec une étonnante rapidité au cliquetis du fer et même aux très légers horions qu’il reçoit ça et là. Inquiet au premier moment, il ne tarde pas à comprendre que « ce qui se passe là haut » n’est pas son affaire et que ce n’est pas à lui qu’on en a. Dès ce moment l’homme peut donner aux mouvements de l’adversaire les deux tiers de son attention et se contenter de consacrer le reste à sa monture (excellente condition pour progresser dans un sport — l’équitation — où, comme nous l’avons déjà dit, l’attention concentrée engendre presque infailliblement la maladresse nerveuse). Quant aux coups reçus, ils ne dépassent pas la dose de rudesse qui convient dans un sport viril ;