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Page:Coubertin - L’Éducation des adolescents au XXe siècle, Volume I.djvu/106

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la peur

porte un dosage indéfini. On peut toujours abaisser l’obstacle ou graduer le mouvement jusqu’à trouver le point où il se franchit ou s’accomplit aisément et partir de là pour refouler la peur de plus en plus loin. L’exercice physique possède ainsi le moyen de guérir en grand le mal qu’il provoque en petit. Il agit comme le vaccin.

La peur mécanique, peut se manifester dans presque tous les sports mais plus fréquemment et fortement dans les sports d’équilibre que dans les sports de combat. La manière de la traiter est identique : recommencer sans s’énerver, avec une persévérance souple — et en distrayant l’attention autant que possible.

Dans la plupart des exercices en effet, il y a, physiologiquement, un automatisme à acquérir et, psychologiquement, une crainte à dominer : ainsi, dans la boxe, le détachement de l’épaule et la peur des coups ; dans la natation, l’allongement du corps et la peur d’enfoncer ; dans le cyclisme, l’extension alternative des jambes et la peur de perdre l’équilibre. Les deux éléments se nuisent l’un à l’autre. Les muscles auraient vite compris mais les nerfs s’interposent ; il faut les occuper ailleurs pour faciliter l’automatisme.