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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome IV, 1926.djvu/83

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louis xiv et son siècle

Dans ce désordre pourtant un ordre nouveau s’apprêtait à se former dont l’Autriche et le Brandebourg seraient les deux pôles. Les Habsbourg généralement égoïstes, orgueilleux et d’une « sévérité froide », tout en tirant de leur titre impérial — électif en droit, pratiquement héréditaire dans leur famille — les avantages qu’il comportait, plaçaient au premier rang de leurs ambitions la consolidation de leur pouvoir en Autriche et l’adjonction à leurs États du royaume hongrois reconstitué. Ce fut l’œuvre de Léopold ier (1658-1705) élu empereur à la mort de son oncle Ferdinand iii et devenu par mariage beau-frère de Louis xiv. La Hongrie d’alors était divisée en trois tronçons. Une portion se trouvait soumise aux Ottomans. La partie transylvaine jouissait d’une indépendance complète mais le prince de Transylvanie compromit sa situation en s’engageant dans une guerre malheureuse contre la Pologne. Sur le reste de la Hongrie — ce qu’on appelait le royaume — régnaient les Habsbourg. Ferdinand ii et Ferdinand iii ne s’étaient pas montrés tyranniques ; ils avaient à peu près respecté les croyances diverses et les libertés locales. Léopold qui était dévot et méticuleux agit différemment surtout après que la reprise de la citadelle de Bude aux Ottomans (1686) eut accru son prestige. Pendant un moment une véritable terreur pesa sur le pays. À Presbourg les exécutions et les supplices se multiplièrent. Alors Léopold offrit à la diète hongroise l’amnistie et une demi-autonomie en échange d’une reconnaissance de l’hérédité absolue de la couronne hongroise pour sa maison. Jusque là il y avait à chaque avènement ingérence de la diète et tout au moins, simulacre d’élection. Les Hongrois acceptèrent (1687). Léopold compléta son œuvre d’annexion en attirant dans les plaines dévastées de la Hongrie méridionale cinq cent mille Serbes qu’il y installa et favorisa. Puis il acheva de chasser les Ottomans. Quant à la Transylvanie après avoir sous la conduite de François Rakoczy provoqué une révolte générale qui, soutenue un moment par Louis xiv, faillit aboutir au succès (1703-1705) elle dut à son tour s’avouer vaincue. La Hongrie, réunifiée, était désormais aux mains des Habsbourg. Le nationalisme n’y était pas abattu pour cela. Les récents événements l’avaient plutôt accentué en développant l’usage de la langue magyare.

Pendant ce temps une monarchie nouvelle s’était formée dans le nord de l’Allemagne. Nous en avons déjà noté les lointaines origines. De burgraves de Nuremberg, dignité qu’ils possédaient au début du xiiime siècle, les Hohenzollern étaient