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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome IV, 1926.djvu/60

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histoire universelle

tements, dans des colonies encore informes et dont les fondateurs déjà se battaient entre eux.

L’exploration avait repris intensive. On cherchait partout l’introuvable Asie. Christophe Colomb visita ainsi la Guadeloupe, Porto Rico[1] puis longea les rivages de la Colombie et ceux du Honduras. D’autres parmi lesquels Vespucci descendirent vers le sud le long des côtes vénézuéliennes. L’embouchure de l’Orénoque dont les eaux douces étaient projetées jusqu’à trois lieues en mer indiquait bien une terre continentale mais tous ces parages n’étaient habités que par de misérables tribus Peu à peu on reconnut l’embouchure de l’Amazone, celle du rio de la Plata, la baie de Rio de Janeiro. Ponce de Léon aborda en Floride, Balboa traversa l’isthme de Panama et aperçut l’océan Pacifique dans les flots duquel il pénétra tout armé pour en prendre possession au nom du roi d’Espagne. Quelques-uns commencèrent à douter que les terres découvertes fussent asiatiques. Christophe Colomb, délaissé et ruiné, était mort en 1506 sans connaître la vérité à cet égard. Vespucci, six ans plus tard, avait disparu à son tour sans en savoir beaucoup plus.

Les tentatives faites au nord n’avaient pas mieux abouti. Des explorateurs commissionnés par le roi d’Angleterre avaient abordé sans doute dans l’île du Cap-breton et peut-être pénétré dans la baie d’Hudson puis s’étaient découragés, renonçant à renouveler l’entreprise. Aux Antilles les colons férocement avides se vengaient sur les indigènes de leurs déconvenues. L’administration hésitait entre des principes contradictoires. Les indigènes « avaient-ils une âme, une demi-âme ou point d’âme du tout » Les choses en étaient là lorsque le gouverneur de l’île de Cuba dont on avait fait la conquête en 1511 ayant ouï parler d’un vaste empire situé au delà de la presqu’île du Yucatan décida d’armer une expédition dont il confia le commandement à Fernand Cortez. Celui-ci ayant contourné le Yucatan, prit terre sur le site de la ville de Vera Cruz dont il posa les fondements et c’est de là qu’après avoir échangé des messages avec le souverain aztèque Montézuma, il se mit en marche vers Mexico le 16 août 1519. Cette même année Magellan partait avec cinq petits navires pour son illustre croisière. Il allait avec mille peines trouver le passage qui porte

  1. Nous utilisons bien entendu les noms actuels. Ce ne sont pas toujours les premiers donnés. Ainsi Colomb avait commencé par baptiser St-Domingue : Espanola. Le Pérou et le Chili dont les noms indigènes prévalurent s’appelèrent d’abord Nouvelle Tolède et Nouvelle Castille.