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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome IV, 1926.djvu/220

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histoire universelle

violente l’une contre l’autre. La poursuite passionnée de la fortune sévit depuis toujours, engendrant l’hypocrisie et la malhonnêteté mais ces maux ont grandi à mesure que s’étendaient les facilités de production et surtout de circulation de la richesse. Il paraît vain d’escompter un progrès de l’individu autrement que par une réforme de la collectivité et par le secours d’une législation d’endiguement l’aidant à maîtriser ses appétits. La façon d’accorder la justice sociale avec l’état économique est recherchée plus ou moins consciemment de tous côtés et sans qu’une solution claire et pratique se laisse encore apercevoir.

Les institutions de l’ordre politique ont passé par de nombreuses modalités auxquelles les contemporains ont généralement attribué une valeur ou une non-valeur également exagérées. L’individu, la cité, l’État restent partout face à face avec leurs intérêts à la fois convergents et divergents qu’il faut accorder le moins mal possible. Ni les gouvernements d’autrefois ni ceux d’aujourd’hui n’y ont réussi complètement ; on devrait dire qu’ils y ont échoué s’il ne s’agissait que de principes, aucune formule assez éminente pour être universellement recommandée n’ayant été trouvée. Mais en matière politique l’esprit public joue par rapport aux institutions, le même rôle que le sentiment religieux par rapport au dogme. C’est lui qui anime et vivifie. Or l’esprit public a progressé parmi la plupart des peuples. Qu’il soit fonction de la culture est indéniable mais il paraît l’être de la culture moyenne bien plutôt que de la culture supérieure apparemment moins apte à l’alimenter.

L’homme du xxme siècle se trouve en possession d’un outillage dont le perfectionnement s’est brusquement accéléré. Une industrie ingénieuse incitée par les découvertes de la science contemporaine a tout transformé autour de lui, son travail comme ses plaisirs, son logement comme ses moyens de transport. Les conséquences de ces transformations encore qu’insuffisamment dessinées pour être appréciées avec certitude s’affirment comme d’inégale portée. Celles qui concernent le foyer ont accru l’indépendance de l’homme à l’égard des circonstances ex-