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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome IV, 1926.djvu/170

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histoire universelle

Équatoriens et Colombiens en vinrent de nouveau aux mains ; les seconds prenaient les armes pour abattre, disaient-ils, le régime théocratique auquel Garcia Moreno avait soumis les premiers mais avec la secrète ambition de rétablir sur les trois provinces dont se composait la république de l’Équateur la domination colombienne qui avait existé jadis.

L’Espagne avait fini par reconnaître certains des États américains issus d’elle, mais elle l’avait fait de mauvaise grâce ; et de même qu’en 1812, l’Angleterre était revenue à la charge contre les États-Unis, en 1864 les Espagnols tentèrent de reprendre pied sur la côte du Pacifique. Leur agression contre le Pérou ne suscita pas seulement un blâme presque unanime en Europe, elle souda ensemble les républiques menacées ; le Chili, plus fort se jeta vigoureusement dans la lutte. L’Espagne dut céder.

Survint alors la déplorable guerre du Paraguay (1864-1870). De 1814 à 1840 Francia, despote voltairien, qui avait essayé en la laïcisant de reprendre en ce pays l’œuvre des Jésuites, s’était maintenu par la crainte qu’il inspirait et par les sombres barrières, dans lesquelles il tenait ses concitoyens captifs, privés de toutes communications avec le dehors. Mais les deux Lopez, le père et le fils qui « régnaient » depuis la mort de Francia, avaient d’abord entr’ouvert puis ouvert tout à fait le Paraguay au commerce et au progrès. Le premier Lopez après vingt et un ans de gouvernement (1841-1862) laissait la république en état de prospérité. Son fils commençait à développer cette prospérité quand les querelles de frontières qui se multipliaient entre le Paraguay et ses puissants voisins tendirent à l’extrême une situation depuis longtemps menaçante. Lopez eut le tort d’entamer les hostilités les jugeant fatales. Le Brésil et l’Argentine auxquels se joignit l’Uruguay, apportèrent tout leur effort dans cette lutte de six années pendant lesquelles le président et le peuple du Paraguay firent preuve d’une indomptable énergie et qui se termina par la mort de Lopez sur le champ de bataille et par la prise d’Assomption. De un million trois cent trente sept mille habitants la population de ce malheureux pays avait décru en 1873 jusqu’au chiffre de deux cent vingt et un mille.

Une autre grande guerre a ensanglanté de 1879 à 1884 des régions différentes. Les gisements de salpêtre dont le Chili convoitait la pleine possession et dont il partageait les revenus douaniers avec la Bolivie excitaient par ailleurs les convoitises