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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome II, 1926.djvu/55

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histoire universelle

Alcibiade après Cléon compromit l’équilibre. Une aventureuse intervention en Sicile se termina par un désastre (413). Aussitôt Sparte reprit les armes, enhardie. Elle ne craignit point cette fois de s’allier aux Perses et leur dut le succès final. La haine l’inspira seule dans sa façon d’en user. Elle renversa partout les institutions populaires et y substitua des oligarchies de dix membres appuyés par un gouverneur et une garnison spartiates. Les « trente tyrans » auxquels Athènes fut livrée rasèrent ses murailles et brûlèrent ses trirèmes au son des flûtes. Partout il n’y eut que meurtres, spoliations, bannissements. « Ce fut, dit Croiset, un véritable régime de terreur où les passions les plus violentes et les plus basses se donnèrent libre cours. » Les événements de ce temps sont demeurés longtemps obscurs grâce à Xénophon. Il a fallu que la critique moderne se rendit compte du peu de créance mérité par ce célèbre écrivain. Dès lors la vérité est apparue. Sparte consomma sa trahison en signant en 367 avec la Perse un traité par lequel étaient supprimés tous les avantages que la Grèce tenait de la paix négociée jadis en son nom par Cimon.

C’est à la ville de Thèbes en Béotie qu’était réservé l’honneur inattendu de conduire victorieusement la révolte contre la tyrannie spartiate. Les aristocrates qui la gouvernaient avaient, au temps de Salamine, déserté la cause nationale par passion politique ; depuis lors Thèbes avait passé aux mains de démocrates excessifs. En cette circonstance, elle fut « un instant comme élevée au-dessus de ses propres destins par le mérite et les vertus de deux hommes supérieurs » Épaminondas et Pélopidas. L’armée spartiate vaincue à Togire fut détruite à Leuctres en 371 par soixante mille Thébains et alliés que commandait Épaminondas. La gloire de Thèbes fut éphémère mais elle brilla dans l’histoire de tout l’éclat que la justice d’une cause ajoute aux actions des humains.


Alexandre, roi des Hellènes

Le premier roi de Macédoine était d’après Hérodote, un grec d’Argos, Perdicas qui régna vers 700 av. J.-C. et fut par conséquent le contemporain des premiers habitants d’Athènes, de Sparte, de Carthage et de Rome. Ses successeurs Argée, Philippe, Esopos, Alcetas, Amyntas ier arrondirent et consolidèrent le royaume. Alexandre ier qui avait été l’ami des fils de Pisistrate participa aux Jeux olympiques ce qui implique la qualité reconnue d’hellène. Il ne semble pas que la dynastie put