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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome II, 1926.djvu/174

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les ottomans

et il exigea la main de la fille du « basileus » pour son fils Melik Shah. Cette victoire et ce geste, ce furent la première esquisse des prétentions futures sur Constantinople.

Cependant en 1092 un Seldjoucide d’une branche collatérale se créa en Phrygie et en Cappadoce, au centre de l’Asie-mineure, une principauté autonome qui devint le sultanat d’Iconium. Admirablement placé sur la route de Constantinople à Antioche et à Jérusalem pour gêner les croisés quand ils voulurent passer, cet État fut un moment ébranlé par les Byzantins et dut reconnaître (1161-1176) la suzeraineté de l’empereur Manuel Commène ; puis il recouvra sa liberté et devint une puissance avec laquelle tous durent compter. Les mongols de Gengiskhan l’abattirent en 1243. Il semblait alors que « le jour turc » fût passé. Mais après les Seldjoucides vint le tour des Ottomans. Qui eût pu augurer l’avenir de cette horde peu nombreuse et sans prestige lorsque commença sa migration ? À la fin du xiime siècle, elle avait quitté la steppe pour gagner la région de Merv. Vers 1230 on la trouve en Arménie : quatre cents familles à peine. Son chef reçoit des Seldjoucides, au moment où ils vont disparaître, un fief en Phrygie. Othman qui donnera son nom à la horde (1259-1326) se fait musulman. Il a flairé le vent au milieu des bagarres environnantes et il s’est décidé pour l’islam. Ses États mesurent « une journée de marche dans tous les sens » mais ses ambitions n’ont point de limites. Avec son successeur Orkhan (1326-1360) aidé de son frère Aladin qui lui sert de vizir, l’ère commence des conquêtes décisives. Orkhan enlève aux Grecs Nicée, Nicomèdie, Brousse et sa capitale. Il se proclame sultan. D’être émir ne suffit plus à si grand seigneur. Il y en a partout, des émirs. La déconfiture des sultans seldjoucides dont la présence maintenait une sorte de discipline parmi ces Turcs d’occident a été pour eux le signal de l’émancipation. En Mysie, en Lydie, à Pergame, en Bithynie, à Éphèse, à Smyrne, tous les gouverneurs se sont déclarés émirs ou bien des aventuriers sont arrivés de l’est pour s’emparer du pouvoir local. Mais les Ottomans, eux, ont un sultan. Orkhan, à la fin de son règne, est maître de toute la rive asiatique de la mer de Marmara. Ses dernières prises, ce sont Gallipoli et Rodosto, clefs des détroits. Dès lors la puissance ottomane se développe en ouragan. Mourad ier (1360-1389) rencontre les soldats d’Europe levés trop tard. Après avoir annexé Angora, il s’empare d’Andrinople et y transfère aussitôt sa capitale. Une coalition danubienne dirigée par le roi de Hongrie se dresse contre lui. Les alliés sont vaincus sur la Maritza. En 1373 il prend aux Serbes Monastir et la Macédoine ; en 1383, Sofia aux