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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome II, 1926.djvu/109

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histoire universelle

LES ROYAUMES BARBARES
D’OCCIDENT

Tandis que, — le siège véritable de l’empire transporté à Constantinople, — le pouvoir achevait à Rome de s’effriter aux mains de titulaires obscurs, cinq royautés barbares s’édifiaient en Italie, en Gaule, en Espagne et en Afrique ; celle des Ostrogoths, des Burgundes, des Francs, des Wisigoths et des Vandales. Ces établissements furent la conséquence d’un mouvement dont il faut chercher l’origine en Asie. Vers la fin du ive siècle les Huns, ces Mongols dévastateurs dont nous avons déjà relaté les exploits sinistres dévalèrent de l’Oural sur l’Europe. Les rives de la mer Noire étaient alors occupés par les Goths peuple germanique venu du nord qui s’était superposé aux Slaves en les soumettant à sa loi. On les divisait en Ostro et en Wisi-Goths selon qu’ils se trouvaient établis à l’est ou à l’ouest du Dniester. Ils étaient plus ou moins sédentarisés et possédaient un embryon d’organisation gouvernementale. De là à parler d’un « empire goth » et à faire de leur chef Hermanaric (vers 360) un grand souverain, il y a loin. Sous la pression des Huns que précédait une réputation de férocité trop justifiée, le monde barbare tassé sur les frontières romaines commença de s’ébranler. Une poussée d’abord lente s’opéra. Les Huns, arrêtés sur la rive gauche du Danube, menaçaient Byzance. Ils avaient coupé en deux la masse des Goths. Les Ostrogoths immobilisés avaient dû se soumettre à eux ; les Wisigoths au contraire commençaient à se diriger vers l’ouest. Après avoir ravagé la Trace et l’Illyrie, les Huns regardèrent à leur tour du côté de l’occident. Leur nouveau chef, le fameux Attila, assoiffé d’ambitions sanguinaires, les conduisait. C’est alors que la panique s’empara des populations de la Germanie. Une immense cohue où il paraît y avoir eu pêle mêle des Slaves et des Germains se jeta sur la Gaule (406). L’histoire ne saurait guère détailler ce chaos ethnique ; à peine peut-elle relever les itinéraires suivis sans toujours les expliquer. L’influence d’un chef, le hasard des circonstances quotidiennes en décidaient : ici l’esprit d’aventure plus développé, là une naissante aspiration à la civilisation sédentaire. Le mouvement participait à la fois du raid exécuté par des bandes d’hommes armés et de la migration entraînant toute une tribu, avec les femmes et les bagages, vers de nouvelles demeures. C’est ainsi qu’on vit les guerriers vandales dessiner le colossal arc de cercle