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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome I, 1926.djvu/93

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empires de l’ouest : perse

commença. Pergame qui faisait face à Athènes, la Bithynie située vis-à-vis de Byzance, le Pont qui s’étendait en bordure de la mer Noire, la Cappadoce au centre de l’Asie mineure réalisèrent leur indépendance et l’imposèrent. C’était presque toute la péninsule qui se détachait ainsi. Antiochus ier Soter (280-262) Antiochus ii Theos (262-241) premiers successeurs de Seleucus virent les fissures s’étendre et de nouveaux territoires se détacher, à l’est cette fois, en Bactriane. Là se trouvaient les colonies grecques fondées par Alexandre et dont, nous avons, dans les pages qui précèdent, indiqué l’évolution et l’influence féconde sur l’Inde. Vers 250, le « satrape » de Bactriane, Diodote, rompit le lien qui le rattachait à un pouvoir trop lointain et se proclama roi. De fait ce pouvoir s’était encore éloigné car la capitale n’était plus Séleucie sur le Tigre mais Antioche. Séleucie créée par la dynastie et portant son nom eut certes un beau développement ; Pline assure qu’elle compta jusqu’à six cent mille habitants. Mais elle demeura l’emporium, la ville commerciale. Le gouvernement bien vite la délaissa pour Antioche. Et s’il en fut ainsi, Antioche ne le dut ni à ses monuments et à son luxe ni au cadre incomparable dans lequel s’enchassait sa beauté. Elle le dut à sa situation méditerranéenne, plus proche de la Grèce. Il y eut là comme un symbole de la force de déviation qui opérait sur l’empire séleucide.

Dans le même temps que les Grecs de Bactriane s’émancipaient, un chef parthe, Arsakès, se proclamait aussi indépendant. Les Parthes étaient une horde touranienne qui, précédemment, s’était glissée le long de la Caspienne jusqu’au Khorassan actuel ; ils étaient très peu nombreux mais énergiques et solides : des cavaliers nomades fixés là par le sort. Or cette espèce de principauté qui se dressait ainsi dans ces parages allait isoler complètement les Séleucides de la Bactriane et leur enlever tout moyen de chercher à y établir leur autorité. Ils s’en accommodaient du reste, préoccupés surtout de chercher noise aux Ptolémées d’Égypte ou bien s’épuisant en efforts pour reconquérir la lointaine Pergame. Sans doute, après les règnes sans portée de Seleucus ii et de Seleucus iii apparut Antiochus iii dit le grand (222-186). Vingt années durant il parcourut l’orient en triomphateur à la manière d’Alexandre, récupérant des territoires, maîtrisant les Parthes, forçant même la Bactriane à reconnaître sa suzeraineté tout au moins nominale. Émerveillés, les contemporains crurent un moment à la solidité de cette restauration. Illusion. Même si Antiochus n’avait point commis la faute capitale de