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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome I, 1926.djvu/84

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EMPIRES DE L’OUEST

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Chaldée

La science a paru d’accord avec la Bible pour placer en Chaldée le foyer premier de la civilisation. Il a été reconnu que ce pays fut considérablement en avance sur tous les autres et que, par exemple, le cycle métallurgique commença pour lui peut-être cinq mille ans avant l’ère chrétienne.

Les fouilles ont révélé la lointaine présence de trois peuples qui devaient se trouver là dès l’an 4000 mais dont les origines nous demeurent jusqu’à présent inconnues. Il y a d’abord les Sumériens qui occupaient les bords du golfe Persique près de l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate ; ils avaient une écriture cunéiforme et parlaient un langage qu’on ne sait trop à quel groupe rattacher. Au-dessus d’eux, répandus autour de Babylone, étaient les Akkads : de race sémitique, ceux-là. Enfin sur la rive gauche du Tigre, entre ce fleuve et les monts Zagros, se tenaient les Élamites dont la langue récemment découverte ne se rapproche ni de celle des Akkads ni de celle des Sumériens. Et voici qui serait déjà étrange : que ces trois peuples assemblés sur un espace à peine plus grand que la France n’accusent entre eux aucune communauté ethnique.

Ils étaient morcelés en petits États indépendants et rivaux. Ils se jalousaient et se battaient entre eux. Les questions de canalisation alimentaient les disputes de façon inépuisable car ce sol qui peut donner jusqu’à trois récoltes par an n’est fertile qu’à la condition d’être arrosé. Le Tigre et l’Euphrate fournissent toute l’eau désirable mais il faut la capter, la conduire et la répartir.

Le plus ancien roi que mentionne Nabonide (un prince-archéologue qui, beaucoup plus tard, s’avisa de dresser la liste des règnes antérieurs) serait un certain Naram Sin dont le nom s’est