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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome I, 1926.djvu/79

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empires du sud : birmanie, siam, cambodge

Tamouls du Dekkan passèrent à plusieurs reprises le détroit pour des expéditions où l’anti-bouddhisme et l’intérêt matériel avaient sans doute parts égales. Puis ce furent en 1277 des pirates malais de Sumatra qui ravagèrent l’île. Peu belliqueux, les Cinghalais n’usaient point de représailles. Un seul de leurs rois est réputé avoir pris sa revanche en portant à son tour la guerre chez l’ennemi. Les Tamouls revinrent à la charge et en 1314 s’emparèrent du nord de l’île. Ce fut la fin de sa douce prospérité. Ceylan s’endormit et rêva de son passé parmi les ruines de ses pagodes.


Birmanie, Siam, Cambodge

Quels qu’aient été les sauvages habitants de ces contrées aux temps préhistoriques, il semble bien qu’à l’aurore de leur histoire, elles aient servi de théâtre à la rivalité de deux peuples d’origine différente : les Khmers venus de l’ouest et les Tiams venus de l’est. L’origine malaise des seconds ne paraît pas douteuse ; celle des premiers demeure incertaine. Les uns et les autres en tous cas reçurent leur culture de l’Inde et non de la Chine. À quelle époque ? Sur ce point également, l’accord n’est pas fait. Aux environs de l’ère chrétienne, disent certains érudits ; au iiie ou même au ive siècle avant cette ère, affirment d’autres. Peu importe. Khmers et Tiams tracèrent leurs inscriptions en sanscrit et adorèrent Brahma ; les noms de leurs souverains et ceux de leurs capitales, Indrapura, Vyadhapura, Vijaya… sont des noms hindous. Bien entendu, ils connurent aussi le bouddhisme. Ils le connurent même de bonne heure puisque Asoka se préoccupait déjà d’envoyer des missionnaires dans ces parages. Mais ils ne paraissent s’en être épris que tardivement et partiellement. Le brahmanisme les avait marqués d’une forte empreinte.

La fortune de ces peuples fut diverse. Nous avons vu les Tiams aux prises avec les Annamites en des luttes séculaires et finalement vaincus par ces derniers. Serrés entre les Annamites et les Khmers leur situation n’était pas enviable sans compter que, malgré l’origine commune, ils furent en butte aux incursions des pirates malais. Quant aux Khmers leur destin les éleva au contraire à un degré si éminent qu’on en demeure surpris. Les premiers États khmers auraient été créés vers l’an 435 ap. J.-C. par des Brahmanes émigrés de l’Inde, l’un dans le Cambodge actuel, l’autre au nord vers le Laos. La rivalité de ces deux États dura longtemps. Au vie siècle celui du sud l’em-