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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome I, 1926.djvu/74

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histoire universelle

d’Haïderabad, du Bengale, du Carnatic, le rajah de Mysore s’affranchirent les premiers. Il n’y eut plus bientôt qu’un fantôme d’empire qui devait durer jusqu’en 1857. Quant à l’égalité devant la loi et la justice, principe supérieur posé par Akbar, il n’en restait rien. L’islamisme qui ne représentait pas même le cinquième de la population de l’Inde avait été rétabli par Aurengzeb dans ses privilèges oppresseurs Cependant des destins nouveaux se préparaient.

vii

La septième période de l’histoire hindoue commençait. L’intervention européenne avait eu son point de départ le jour où Vasco de Gama, ayant accompli le tour de l’Afrique, avait débarqué à Calicut (1498). Sur ses traces, ses compatriotes s’étaient lancés. Dès 1505 Almeida s’intitulait vice-roi de l’Inde portugaise encore que celle-ci ne comprit que quelques établissements épars. La capitale en fut fixée à Goa ; on conquit Malacca, Ormuz ; on eût accès au Bengale. Un commerce considérable se développa autour de ces entreprises. L’aventure portugaise prit fin avec le xvime siècle. C’est aux Hollandais qu’appartint le siècle suivant. En 1596 Cornelius Houtman avait atteint Sumatra et, quatre ans plus tard, se fondait à Amsterdam la puissante compagnie des Indes qui eût bientôt des factoreries dans la mer Rouge, dans le golfe Persique, à Ceylan, à Malacca, à Formose. Entre 1635 et 1669, les Hollandais enlevèrent aux Portugais toutes leurs colonies à l’exception de Goa et de Macao. Mais l’avidité dont ils firent preuve leur suscita d’autres rivaux. Haussant perpétuellement les prix comme s’ils se croyaient en possession d’un monopole inattaquable, ils alarmèrent les marchands de la Cité à Londres ; et ceux-ci furent amenés à agir directement pour leur compte. Des factoreries anglaises prirent naissance sur la côte de Malabar et la côte de Coromandel. Les Français, de leur côté, possesseurs des îles de France et de la Réunion, s’intéressaient au commerce de l’Inde et la compagnie française obtint d’importants privilèges. Jusque là ni les uns ni les autres ne s’étaient inquiétés d’autre chose que de leurs intérêts financiers. Brusquement tout changea. Un homme de génie, le gouverneur des établissements français, Dupleix, en présence de la dislocation qui s’opérait graduellement dans l’Inde depuis la mort d’Aurengzeb, aperçut la possibilité de grouper, au profit et sous le contrôle de la France, les éléments indigènes