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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome I, 1926.djvu/44

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histoire universelle

Entre temps (1407-1427) une tentative violente d’annexion chinoise avait été complètement repoussée, si bien que l’Annam se trouva avoir satisfait à la fois son besoin de liberté et ses ambitions territoriales. Malheureusement des rivalités dynastiques surgirent et pendant longtemps divisèrent le pays. L’expansion annamite continua toutefois. La Cochinchine avec Saïgon, une partie du Cambodge furent annexés. Toute cette période de 1527 à la fin du xviiie siècle fut désolée par des troubles intérieurs sans lesquels l’Annam serait certainement parvenu à une haute fortune. Enfin l’unité fut rétablie par celui qui devait être l’empereur Gia Long et qui, sous l’inspiration de l’évêque catholique Pigneau de Béhaine, réclama l’appui de la France et signa avec Louis xvi le traité, point de départ de l’intervention française de 1883. Les explorations d’un officier de marine Garnier et d’un négociant français Dupuis ayant amené vers ce temps là des incidents sanglants, la France qui, sous Napoléon iii, avait occupé la Cochinchine puis placé sur sa demande le Cambodge sous son protectorat, s’établit au Tonkin. Une guerre avec la Chine s’en suivit qu’illustrèrent les opérations du célèbre amiral Courbet, notamment la destruction de l’arsenal de Fou-Tchéou et des forts échelonnés sur la rivière Min, faits d’armes qui ne coûtèrent aux Français que dix hommes. Le protectorat de la République française sur l’Annam fut reconnu en 1885 par le traité de Tien-Tsin. Dix-sept ans plus tard (1902) l’inauguration du grandiose pont du Fleuve Rouge long de deux kilomètres et demi et l’organisation de l’exposition d’Hanoï permirent d’apprécier la valeur de l’effort accompli par la France.


Japon

De la Chine au Japon, tout diffère. Peuple nerveux dont les origines ethniques sont incertaines et complexes, resserré sur un sol insulaire et volcanique, les Japonais ont développé une civilisation tardive, faite d’emprunts et pourtant originale, pleine de sursauts et cependant continue, apte à des transformations promptes et passionnées sous un masque d’immobile quiétude.

Le premier prince dont nous ayons connaissance régna vers l’an 600 av. J.-C. sur la partie centrale du pays, celle qui correspond aux régions de Kioto et d’Osaka. Il se nommait Djenwo ; c’était peut-être un chef mongol venu par la Corée. En ce temps là, la partie méridionale du Japon était occupée par les