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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome I, 1926.djvu/25

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EMPIRES DE L’EST

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Chine

La Chine paraît avoir été balayée dans les temps préhistoriques par un grand nombre d’invasions. Les traditions parlent d’ancêtres sans foyers et ne sachant pas faire le feu. La première ébauche de ce qui sera l’État chinois ne doit guère remonter au delà de 2300 av. J.-C. C’est alors que des pasteurs du type mongol apparaissent, refoulant les indigènes au corps tatoué dont il reste encore des descendants dans les montagnes du continent aussi bien qu’à Formose et aux Philippines.

Ces pasteurs créent dans la région du Fleuve Jaune une sorte de monarchie patriarcale toute pénétrée des idées et des coutumes de la steppe. La religion est un panthéisme imprécis, spiritualiste, sans idoles et dont la cosmogonie ne se compliquera que peu à peu. Le respect de l’âge, se prolongeant en quelque sorte au delà de la mort, fait du culte des ancêtres et de la stricte observation des rites établis par eux la base de toutes les cérémonies publiques et privées. Le régime de la communauté prévaut malgré les difficultés qu’y oppose une existence désormais sédentarisée. Il faudra dix siècles pour que les Chinois en arrivent à concevoir et à pratiquer la propriété individuelle. Ne serait-ce pas le Fleuve Jaune lui-même qui peu à peu les y aide ? Roulant torrentueusement dans une plaine trop vaste ses flots limoneux, il bouleverse sans cesse cette plaine, changeant de cours, inondant les champs, engloutissant les villages. Il a fallu se défendre contre lui avec acharnement et, de nos jours encore, les cataclysmes engendrés par ses caprices, font périodiquement des milliers de victimes. Rien de tel pour attacher l’homme au coin de terre protégé et mis en valeur par sa peine.