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Page:Coubertin - Histoire universelle, Tome I, 1926.djvu/107

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empires de l’ouest : arménie

Et cela n’est point dû à quelque habile propagande des disciples de Mohamed Ali mais simplement au fait que les foules, en suivant inconsciemment la voie où il les avait devancées rencontrent venant au devant d’elles, la plupart des vérités qu’il énonça. L’égalité des sexes devant la loi, l’instruction obligatoire, l’accord nécessaire des religions entre elles et avec la raison, la création d’un tribunal international et d’une langue universelle… ne sont-ce pas là choses désormais réalisées ou en passe de l’être ? Dans la façon dont le principe en fut proclamé se révèle l’esprit de l’Iran. On dirait un Avesta modernisé. L’arc-en-ciel que dessine à travers les âges l’histoire de la Perse s’appuie de la sorte à ses deux extrémités sur une préoccupation morale et sociale de l’ordre le plus élevé : histoire vraiment humaine, histoire pleine de logique et d’imprévu, d’audace et de grâce. Les événements des trente dernières années n’y ont rien ajouté de saillant. Ni les mouvements politiques constitutionnels ou absolutistes, ni les coups de force successifs tentés par les Russes et les Anglais, ni les intrigues nouées par les magnats du pétrole n’ont modifié les données du problème national. Avec ses dix millions d’habitants répartis sur un très vaste territoire, la Perse ne peut se préparer que très lentement à reprendre son grand rôle. Qu’elle doive le reprendre un jour est presque indubitable.


Arménie

L’Arménie primitive fut aux mains des Ourartiens, peuple indigène dont nous savons peu de chose sinon qu’il reçut la culture assyrienne mais ne semble avoir appartenu ni au groupe arya ni au groupe sémite. Vers l’an 600 av. J.-C., les Ourartiens furent refoulés vers le Caucase par ceux qui devaient être les Arméniens et qui étaient, ceux-là, du sang aryen. Après avoir fait partie de l’empire achéménide puis de celui d’Alexandre, l’Arménie recouvra son indépendance. Un de ses plus grands rois, Tigrane (89-36) lutta âprement contre les Romains. Après la défaite de Mithridate roi de Pont (120-63) et la chute des Séleucides, Tigrane parvint à conquérir une partie de la Syrie et même la Mésopotamie. Mais vaincu par Pompée et poursuivi jusqu’au pied de l’Ararat, le massif montagneux arménien, il dut accepter la suzeraineté romaine. En l’an 305 ap. J.-C. le roi Tiridate iii (250-330) se convertit ainsi que son peuple à la voix du célèbre apôtre, Grégoire l’illuminateur. Nous avons vu l’inquiétude causée en