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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/74

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monter une bête un tant soit peu vive, mettez-lui de bons éperons aux pieds et ordonnez-lui de piquer résolument son cheval. La façon dont il s’y prendra la première fois n’importe guère ; mais ne négligez pas de l’observer la seconde. Son geste alors sera décisif. Ou bien il se servira de l’éperon avec une audace joyeuse ; ou bien il s’en servira avec hésitation et timidité ; ou bien il fera semblant de s’en servir.

Dans ces deux derniers cas, il y aura pour tout instructeur matière à un petit sermon. Vous expliquerez à votre élève qu’il n’est pas moralement au niveau désirable. Vous lui ferez comprendre gentiment avec des mots atténués, de façon à ne pas le blesser, qu’il manque de courage. La « peur de l’éperon » est plus commune qu’on ne pense ; elle se retrouve chez d’assez bons cavaliers et chez des hommes qui ne manquent pas d’énergie habituellement. C’est une peur plus nerveuse que mécanique à l’origine, mais qui finit par devenir mécanique en se répétant.