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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/42

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riodes pendant lesquelles régna le culte du calme et d’autres qui n’en firent aucun cas. Il est certain que l’empire romain et l’empire byzantin ne le comprirent guère, alors que l’Angleterre moderne lui a rendu quelque hommage. Le tumulte du forum impérial et le silence du dimanche britannique se placent d’eux-mêmes aux antipodes.

Les Grecs, qui aspiraient au calme et s’y entraînaient avec persévérance en dépit de leur vivacité naturelle, y ajoutaient aussitôt l’aspiration philosophique. La philosophie dont il s’agit ici n’est point la recherche spéculative de la Vérité ou la construction d’un système général de causalités ; c’est cette vertu pratique d’une acquisition difficile mais d’une utilisation quotidienne à laquelle les peuples heureux doivent assurément une grande part de leur bonheur. S’il était permis de la décomposer, de donner de ce remède bienfaisant la recette pharmaceutique, nous dirions qu’il y entre trois sixièmes de résignation, deux sixièmes d’espérance et un sixième de bonne humeur.