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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/250

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lucidité demeurée complète le fait assister à sa propre déchéance de la façon la plus cruelle et, à moins qu’il ne possède sur son propre cas des lumières provenant de l’expérience ou d’études scientifiques antérieures, on ne parvient pas à lui faire croire qu’en quelques mois, une année au plus, il aura recouvré la plénitude de ses moyens, si d’ailleurs il accepte d’accomplir comme il faut son temps de geôle et de subir — en y aidant lui-même — le régime qui lui est imposé.

Tout ce qui est sportif est plus ou moins productif de ce « sentiment viril », fait d’énergie corporelle et de confiance en soi ; seulement voilà : le sport est fatigant. Pour le neurasthénique il le sera même doublement. À la fatigue musculaire se superposera en effet chez lui une dépense de force nerveuse exagérée. Or, comment dépenser ce que l’on n’a pas, ce qu’on est en train de réamasser, lentement et péniblement ? Ce serait absurde de le tenter. Par là s’explique la répugnance que la plupart des médecins professent à l’endroit