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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/249

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cette façon directe que les nerfs se nourrissent ; leur cuisine est faite de la simple régularité d’une alimentation normale et de repos, un repos assez complet et doublé de somnolence, si possible, mais rarement total. Le psychisme, par contre, joue dans l’affaire un rôle dont, sans en exagérer l’importance comme le font certains, il est nécessaire de tenir grand compte. Et c’est ici que le sport devrait intervenir non pas dans tous les cas, certes, mais dans bien des cas, surtout lorsqu’il s’agit d’un homme fait, organiquement sain.

Un phénomène accompagne fréquemment ce genre de neurasthénie ; nous le désignerons sous la dénomination de « perte ou affaiblissement du sentiment viril ». L’homme actif, bien portant la veille ou se croyant tel et que fauche soudain le mal sournois issu de la trépidation moderne — le mal américain, comme pourrait l’appeler la rancune européenne, — cet homme se sent en peu de temps devenir une sorte de loque humaine impuissante et humiliée. Il n’est plus le maître chez lui ; sa