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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/213

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réapparaît ayant en elle, semble-t-il, cette puissance qui lui manquait jusqu’alors ; elle est devenue, selon l’expression chère au philosophe français Fouillée, une « idée-force ».

À y regarder de près, le plus souvent l’idée n’a subi aucun changement, acquis aucun poids en surplus, reçu même des événements ou des hommes aucun épaulement nouveau. Mais elle rencontre devant elle une mentalité transformée. On l’accueille de façon différente. C’est donc que, tout d’abord, on ne l’avait pas comprise ?… Si, pourtant. Mais alors ?… Eh bien ! on l’avait comprise en théorie, on l’avait comprise comme une surface plane, et maintenant on la comprend comme un prisme. Or toute idée est prismatique. D’où vient ce changement ? Est-ce du temps seulement ou bien d’un travail mental inaperçu ? Ce ne peut être du temps seul, le bon sens le dit. Il faut donc admettre le travail mental. Mais ce travail veut le temps et bien souvent il s’opère en dehors de toute manifestation, de tout effort nouveau de la part des promoteurs de l’idée.