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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/212

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favorables, la qualité des lanceurs, un hasard… suffisent parfois à décider du succès. Quand il s’agit d’idées et plus particulièrement d’idées novatrices ou réformatrices, le phénomène vaut d’être scruté et sa marche peut être l’objet de curieuses constatations.

En général on ne « lance » pas de telles idées, ou bien alors elles tomberont d’elles-mêmes après un certain temps. On les « expose » avec plus ou moins d’éclat, et il appert qu’elles sont accueillies de façon plus ou moins sympathique, mais toujours distante. Leurs partisans ne recueillent que des échos ou des promesses platoniques ; le public prête une attention réfléchie, mais qui ne parvient pas à se muer en action. On dirait qu’une impossibilité physique sépare l’acceptation de la réalisation. Bien des gens sont séduits et voudraient agir, mais ils ne peuvent pas, et si d’aventure leur action s’organise, elle s’affaisse bientôt sur elle-même comme épuisée. On croit à l’échec ; le silence se fait. Mais il n’en est rien et, au bout d’un certain temps, l’idée