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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/21

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sombra avec l’esprit de lucre, et le monde d’à présent est trop l’esclave de la richesse pour que pareil destin ne soit pas à craindre pour les sports renaissants. Mais s’ils surmontent ce péril, on s’apercevra, je crois, qu’ils ont peu changé ; les formes sont en partie nouvelles, l’esprit est demeuré le même. L’instinct sportif est toujours inégalement distribué. Ne l’a pas qui veut. Et parmi ceux qui l’ont, tous ne vont pas jusqu’au bout de ce qu’il peut donner. Tous n’y cherchent pas la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre. Ceux-là pourtant me semblent plus nombreux qu’on ne le croirait d’abord. De sorte qu’on en peut tirer cette conclusion qu’aujourd’hui comme jadis, la tendance du sport est vers l’excès. Voilà son caractère psychologique par excellence. Il veut plus de vitesse, plus de hauteur, plus de force… toujours plus. C’est son inconvénient, soit, au point de vue de l’équilibre humain. Mais c’est aussi sa noblesse et même sa poésie. »

M. de Coubertin a acquis en psychologie sportive une expérience unique ; ce n’est pas d’hier, en effet, qu’il s’occupe par lui-même