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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/208

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au domaine du caractère des qualités fortes acquises musculairement, et cette question fera couler beaucoup d’encre. Le cas de la bicyclette donnerait à penser que ladite question doit être résolue négativement. Mais là encore il ne faut pas se presser de généraliser. Bien des exemples sont susceptibles d’appuyer la thèse inverse et, à y regarder de près, on s’aperçoit que la décision nécessaire au cycliste est d’une espèce tout à fait particulière. C’est, pour ainsi dire, une décision instinctive. Réfléchie et voulue, elle ne remplirait pas son office ou le remplirait mal. Elle doit être spontanée et s’ignorer elle-même.

Cela n’est pas si étonnant. Dans tous les autres exercices où l’homme a la direction à donner à un engin ou à un animal auxquels il s’est simplement juxtaposé, il n’a pas en même temps un équilibre totalement instable à préserver. Les patins comme les skis tiennent à l’homme, prolongent son corps, en font partie ; de plus, alignés, ils le soutiennent. La bicyclette ne peut, elle, se tenir dans aucune