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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/20

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che d’abord à fournir le plus de besogne possible, dans le moins de temps avec le moins de fatigue possible. Le sportif, lui, est étranger à toute préoccupation utilitaire. La tâche qu’il accomplit, il se l’est lui-même assigné, et comme il n’est pas obligé de reproduire le même effort le lendemain pour gagner sa vie, il n’a pas besoin de se ménager. Il peut aussi cultiver l’effort pour l’effort, chercher les obstacles, en dresser lui-même sur sa route, viser toujours un degré au-dessus de celui qu’il a atteint. C’est ce qu’exprime si bien la devise choisie par le Père Didon pour ses élèves d’Arcueil, groupés en association athlétique : « Voici, leur a-t-il dit le jour de leur première réunion, voici votre mot d’ordre : citius, altius, fortius ! Plus vite, plus haut, plus fort ! »

Nous sortons ainsi presque du sport pour atteindre les hauteurs de la philosophie. Mais dans les gymnases antiques, celle-ci ne voisinait-elle pas avec celui-là ? Et le célèbre athlète Milon de Crotone n’était-il pas un des disciples les plus assidus de Pythagore ?

Le sport a un ennemi redoutable, c’est l’argent. Par lui périt l’athlétisme si complet et si harmonieux des Grecs. « Sa beauté morale