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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/192

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ses membres est unique : résister ; ne pas céder, ne pas fléchir d’un pouce, ne pas plier d’une ligne ; idéal d’endurance passive qui, certes, n’est pas sans beauté. La force active, ainsi que nous l’avons dit, se tient là-haut, tout là-haut dans le poignet qui pivote comme un rouage d’acier infatigable… La souffrance devient assez vive ; c’est plus et autre chose que de la fatigue : c’est vraiment de la souffrance. Il n’en transparaît rien dans le raidissement général que la volonté inflige au corps. Eh bien ! vous direz tout ce que vous voudrez, mais ce sport-là « a son chic ». Ce serait grand dommage qu’il se retirât dans un musée parmi les exercices défunts. Il ne faut pas en abuser, ne fût-ce que pour cette raison que les muscles s’y gâtent au point de vue de l’escrime véritable. Nous ne conseillerons même pas à d’autres qu’à des Allemands de l’apprendre. Mais eux ne devraient pas le délaisser définitivement parce que rien ne symbolise mieux le vieux teutonisme guerrier dont ils descendent et dont ils sont légitimement fiers.