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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/191

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rigide, les membres tendus, le ventre effacé… une rigidité de fer qui est bien celle du chevalier enfermé dans son armure. Il n’y a de souplesse que dans le poignet qui meut une épée très lourde et doit le faire avec une rapidité et une amplitude extrêmes ; pratiquement on voit de jeunes Allemands si bien entraînés à ce jeu qu’ils arrivent, surtout s’ils sont de taille un peu plus élevée que leur adversaire, à l’atteindre dans la nuque ; c’est le comble de l’art… et de la difficulté.

Les coups ne sont pas variés, mais ils sont rudes : on les donne au commandement. Peu de feintes ; en général, les épées se heurtent furieusement ; à qui par conséquent fera plier l’effort de l’autre par son propre effort plus puissant. C’est bien l’escrime d’autrefois, l’escrime des tournois, directe et toute en force. L’attitude est une attitude de bravade chevaleresque. Rien qui rappelle « l’effacement » des escrimes savantes. L’homme planté de face, ses deux pieds sur la même ligne horizontale, s’offre en quelque sorte tout entier. La préoccupation de tous