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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/190

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des règles conventionnelles leur enseignent de ne viser que la tête alors qu’elle est emprisonnée — nous parlons escrime et pas duel — dans un masque formidable. Mais faites abstraction du costume moderne ; rétablissez par la pensée l’antique armure, et une passe de rapière ne vous semblera plus du tout excentrique. Vous en goûterez la saveur historique.

Placés face à face, les combattants, talons joints, mesurent leur distance. C’est une simple longueur d’épée. La poignée est appuyée sur le ventre ; la pointe touche le ventre de l’adversaire. Un commandement ; ils écartent les jambes de façon à prendre un solide appui sur le sol. Le bras libre se replie derrière le dos. Le bras armé se dresse au-dessus de la tête le plus haut possible, le poignet plié de façon que l’arme inclinée protège la tête et menace en même temps l’adversaire. C’est une position éreintante. Essayez de la maintenir quelque temps. Vous verrez que nulle garde ne peut se comparer à celle-là au point de vue de l’endurance qu’elle exige. Tout le corps est