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Page:Coubertin - Essais de psychologie sportive.djvu/139

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désir très noble de se rendre utile et de servir ainsi les intérêts de la collectivité. Mais, dans les deux cas, l’homme, pour conserver les qualités acquises, ne s’abstiendrait pas nécessairement de tout excès. L’arriviste comme le dévoué commettront des excès, car ils se dépenseront en efforts : excès cérébraux, voire même excès de solidarisme et de zèle fraternel. Celui-là seul n’en commettrait point chez qui le culte du moi serait assez fort pour dominer au besoin tout mouvement passionné, pour réprimer tout élan imprudent. Mais un être pareil, ne deviendrait-il pas un monstre ? Ce serait, transporté dans le domaine de la culture physique, le surhomme de Nietzsche. Adorant son propre corps devenu son idole, on le verrait subordonner peu à peu toutes choses au souci d’en construire et d’en préserver la perfection. On frémit en songeant aux réserves de férocité raffinée et, partant, de barbarie éventuelle que recèlerait la nature humaine ainsi influencée. Car il suffirait d’un petit nombre d’exemplaires d’un pareil type