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Page:Coppée - Contes tout simples, 1920.djvu/7

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les journaux du soir qui sentaient bon l’imprimerie toute fraîche. Je dis blondinette, je devrais plutôt dire roussette ; car la chevelure, trop abondante pour être toujours bien peignée, tirait sur le cuivre, et, dans le joli et régulier visage, dont quelques taches de son piquaient le teint rose, deux yeux charmants étincelaient, couleur de noisette.

Accorte, complaisante, aimable, comme il faut l’être dans le commerce, mais pas effrontée pour un liard, avec, dans toute sa personne, ce je ne sais quoi de décent qui trahit tout de suite l’honnête fille, c’était vraiment là un amour de petite papetière. Si vous aviez demeuré dans le quartier, je suis sûr que, tous les matins, en allant à votre atelier ou à votre bureau, vous vous seriez détourné de votre chemin afin d’acheter votre journal chez elle plutôt qu’ailleurs. Ils n’y manquaient pas, les jolis-cœurs, vous savez, les commis de magasin, les miroirs à farceuses, qui logent le diable