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Page:Coppée - Contes tout simples, 1920.djvu/31

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publique élève par milliers et qui tournent mal, le plus souvent. C’est parmi eux que se recrute l’armée des malfaiteurs, des futurs forçats, — les vrais, ceux-là. — Ce pauvre mioche ! Qu’est-ce que la vie lui réserve ? La vie ! Un mystérieux roman, qui devient plus incompréhensible à chaque feuilleton et dont le monotone dénouement n’explique rien !

Jean Vignol tombe dans une douloureuse rêverie. Il n’est pas tout à fait mort en lui, le poète qu’il a rêvé d’être, quand il était jeune. Voilà, maintenant, qu’il se souvient que c’est demain Noël, et que, devant ce berceau, il songe à l’Enfant qui dormait sur la paille d’or, dans l’étable de Bethléem. Il était venu au monde, celui-là, pour ordonner aux hommes de s’aimer les uns les autres, et, bien que les églises où l’on prêche sa doctrine depuis deux mille ans soient encore debout, le mal et la misère existent toujours.