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de ville. J’espère que les abonnés vont en avoir, des émotions.

Soudain le petit commence à piauler. Jean Vignol, amusé par ses nouvelles fonctions, prend le biberon, fait boire l’enfant, pas trop maladroitement, ma foi ! pour un début, puis le berce et le rendort.

Mais le romancier ne retourne pas à sa table. Il reste là, pensif, à regarder ce pauvre petit être, la tête au fond de l’oreiller et serrant ses deux poings mignons sur sa poitrine emmaillotée.

Les berceaux ? Les enfants ― S’en est-il assez servi, Jean Vignol, dans ses absurdes romans ! Comme il les trouve stupides, à cette heure, toutes ces invraisemblables histoires d’enfants volés et substitués les uns aux autres ! Un enfant ! En voilà un, pour de bon, un orphelin, un fils de la misère ! Que deviendra-t-il ? Sa grand-mère est vieille, épuisée de travail et de privations ; elle n’ira pas loin. Alors il sera un de ces petits malheureux que l’Assistance