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placer sa « copie », vivait fort chichement. Ah ! voilà. C’est d’abord qu’il n’avait pas de chance, et puis qu’il était un modeste, un timide, ne sachant pas jouer des coudes, faire son chemin à la mode américaine.

Bien entendu, il n’avait pas débuté dans les lettres par le roman-feuilleton. Il conservait toujours, au fond d’un tiroir, mais sans espérance de les mettre au jour, ses deux ouvrages de jeunesse, composés par lui du temps où il avait encore tous ses cheveux et l’ambition du grand art. C’était d’abord le manuscrit d’un volume d’élégies Fleurs de poison, où le poète se plaignait notamment des infidélités d’une jeune personne qu’il désignait sous le romantique pseudonyme de Fragoletta et qu’il comparait à toutes les amoureuses célèbres depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, tandis que dans la réalité des faits, l’inconstante demoiselle se nommait Agathe et était trottin chez