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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/75

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mère et dit : Je porte ce manguier à ma mère et à mon père pour faire de l'ombre et pour que l'on y cueille des mangues pour les manger. Ensuite il demanda à sa mère une barre d'argent, une charge de ter ; il prit son fer et alla se faire faire une cognée chez un forgeron. Il ordonna au forgeron de lui faire une cognée de tout ce fer. Le forgeron et sa femme dirent : Nous ne pouvons pas ; il y a trop de fer. Alors il leur ordonna de tirer le soufflet et de lui laisser forger la cognée. Il forgea la cognée, ensuite il donna sa barre d'argent au forgeron et à sa femme pour avoir tiré le soufflet, il mit sa cognée sur l'épaule et alla chercher à gagner sa vie.

Sortant sa cognée sur l'épaule il rencontra Tire charrette qui traînait une charrette. Il lui demanda : Pourquoi tires-tu ainsi la charrette ? L'autre répondit : Je suis très fort. Je tire la charrette à moi seul, je n'ai pas besoin d'attendre de buffles. Il dit à Tire charrette d'essayer de porter sa cognée pour voir s'il pourrait. Tire charrette ne le put pas. Tire charrette l'appela son frère aîné Le Fort, et le voyant si fort il se mit à sa suite.

Les deux compagnons rencontrèrent Hawi Hawëi[1] qui coupait des rotins pour payer le tribut au roi. Le Fort lui demanda : Frère aîné Hawi Hawëi pourquoi coupes-tu des rotins sur ces montagnes ? Hawi Hawëi répondit : Voici cinq ans que je coupe des rotins sur les montagnes et j'en ai déjà dépouillé cinq montagnes, mais je n'en ai pas encore ma charge, car je suis très fort.

Le Fort dit : Le frère aîné Hawi Hawëi dit qu'il est très fort, qu'il prenne ma cognée sur l'épaule pour voir ; s'il peut la porter, je l'appellerai frère aîné. Hawi Hawëi ne put pas porter la cognée du Fort. Quant au Fort il enleva la brassée de rotins

  1. Hawéï signifie rotin.